Comment les antibiotiques affectent-ils vos performances de course ?

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Les antibiotiques sont une solution rapide et efficace pour remédier à de nombreuses douleurs et autres maux physiques, mais il est important que les athlètes pensent sérieusement à ce qu’ils absorbent pendant des phases d’entraînement et surtout avant une grande compétition.

Les antibiotiques et les performances en course

Les antibiotiques sont efficaces contre les infections bactériennes, telles que les angines streptococciques, les otites, les infections urinaires mais aussi contre de nombreuses infections de la peau.

Le mot « antibiotique » est dérivé du mot grec anti, qui signifie « contre » et de bios qui signifie la « vie », ils agissent en empêchant la croissance des bactéries.

Les antibiotiques ont deux moyens d’action principaux :

  1. Les antibiotiques bactéricides tuent les bactéries. La pénicilline est un bactéricide très commun qui empêche la formation de la paroi cellulaire des bactéries ou affecte le contenu cellulaire de celles-ci.
  2. Les antibiotiques bactériostatiques empêchent la multiplication des  bactéries.

Les antibiotiques mènent une sorte de guerre au sein même de votre corps, c’est cela qui peut sérieusement affecter votre performance pendant une course. Lorsque vous courrez sur une longue distance, vous avez besoin que votre corps fonctionne au maximum de ses capacités.

Si votre corps s’emploie beaucoup à lutter pour traiter les antibiotiques dans votre organisme, vous pouvez vous attendre à voir apparaître quelques symptômes dans votre performance athlétique.

Symptôme 1 : Augmentation de la sensibilité à la chaleur/déshydratation

Les antibiotiques sulfamides augmentaient votre sensibilité au soleil.

Compte tenu du fait que la plupart des épreuves d’endurance en général, et les marathons en particulier, se courent à l’extérieur, souvent en passant dans des rues au cœur des villes, parfois en plein soleil, ce handicap peut se révéler un véritable désastre pour vos performances.

Lire : Les électrolytes permettent-ils de prévenir les crampes pendant la course ?

Les coups de soleil et autres problèmes liés à la chaleur sont déjà très fréquents lors d’événement à l’extérieur qui durent plusieurs heures, mais leur fréquence et l’importance des symptômes constatés est souvent augmenté par l’utilisation d’antibiotiques sulfamides.

Épuisement par la chaleur, stress thermique, et coup de chaleur sont les conséquences potentielles les plus rares, mais les plus dangereux d’une augmentation de la sensibilité au soleil.

On recommande aux athlètes de prendre des quantités réduites d’antibiotiques ainsi que de réduire l’intensité et le volume des exercices qu’ils pratiquent sans bien sûr oublier de s’hydrater et d’utiliser des produits de protection solaire.

Du fait de la nature du marathon lui-même, vraiment pénible, où vous souffrez presque toujours de déshydratation, la distance à parcourir représente à la fois un volume d’exercice important en plus d’une intensité incroyable, il est absolument conseillé aux coureurs qui ont choisi de courir un marathon sous antibiotiques de prendre des précautions supplémentaires et de s’attendre à des différences de rythme significatives.

Il est incroyablement difficile pour un athlète en bonne forme de bien s’hydrater lors d’un marathon et cette difficulté est accrue lorsque le sportif est sous antibiotiques.

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Symptôme 2 : Un rythme plus lent

Les coureurs, les cyclistes et autres athlètes d’endurance qui ont pratiqué leur discipline sous antibiotiques ont tous remarqué un ralentissement significatif de leur rythme.

Lorsque les antibiotiques sont utilisés pour combattre une maladie plutôt qu’une infection de la peau, les athlètes peuvent croire qu’ils souffrent d’une baisse de rythme (ou une augmentation de l’effort nécessaire au même rythme) due à la maladie, et non aux antibiotiques.

Cependant, même les athlètes qui prennent des antibiotiques pour une infection de la peau ont rapporté qu’ils avaient un rythme plus lent.

Il est vrai, cependant, que certaines maladies peuvent contribuer à une baisse des performances également.

Une autre erreur commune est de supposer que les athlètes se disent simplement qu’ils courront moins vite, car ils sont sous antibiotiques.

Un exemple simple qui démystifie cette théorie est la célèbre histoire d’un cavalier qui a signalé une différence de près de 15 km/h chez un cheval qui avait pris des antibiotiques pour guérir une éruption cutanée sur le ventre.

Le cheval habituellement bien plus rapide, avait couru 15 km/h en dessous de ses temps habituels alors que les conditions étaient strictement identiques.

Cette hypothèse réfute l’idée qu’une mauvaise course est liée aux effets des antibiotiques et non à un effet psychosomatique de ceux-ci. Le cheval n’étant bien évidemment pas au courant qu’il prenait des antibiotiques.

Symptôme 3 : Étourdissements et maux d’estomac

Beaucoup d’antibiotiques provoquent des diarrhées et des maux d’estomac en raison de changements au niveau de la flore bactérienne dans les intestins et l’estomac. Comme les niveaux normaux de bactéries dans le corps changent, l’équilibre du corps est compromis.

La diarrhée est non seulement gênante dans une épreuve d’endurance, elle peut aussi se révéler dangereuse, car vous perdez beaucoup plus d’eau en ayant la diarrhée que lorsque vous avez des selles solides. Les probiotiques, que l’on trouve dans le yogourt avec des bactéries vivantes, peuvent aider à réduire le risque de diarrhée causée par l’utilisation d’antibiotiques.

Lorsque le liquide perdu par la transpiration est associé à une augmentation de la sensibilité au soleil et à la diarrhée, l’athlète d’endurance peut souffrir d’étourdissements et d’évanouissements, il peut aussi avoir des crampes musculaires, ressentir une forte fatigue et des maux de tête.

Ces problèmes se posent le plus souvent dans les 2 à 3 premiers jours après le début du traitement aux antibiotiques, mais ils peuvent durer beaucoup plus longtemps dans certains cas, en particulier pour les athlètes.

Symptôme 4 : Rupture du tendon :

Un des effets connus de certains antibiotiques est la rupture du tendon. La classe d’antibiotiques associée à la rupture du tendon est appelée fluoroquinolones, dont la lévofloxacine est l’antibiotique le plus souvent utilisé.

Les problèmes liés à ce genre d’antibiotique vont de la douleur à l’inconfort et peuvent aller jusqu’à la rupture du tendon.

Lire : Comment éviter les blessures induites par la course ?

Bien que les tendons soient le plus souvent déchirés durant un sprint ou en faisant des sauts, les coureurs de fond qui prennent ce type d’antibiotiques doivent éviter les exercices s’ils doivent absolument prendre ce genre d’antibiotique, ou ils doivent essayer de passer à un type d’antibiotique différent.

Dans les deux cas, il faut toujours consulter son médecin et faire soi-même des recherches le sujet pour s’assurer de pratiquer une activité physique en toute sécurité.

Que faire si vous n’avez pas le choix, et que vous devez courir en ayant pris des antibiotiques ?

Si l’utilisation d’antibiotiques est absolument nécessaire et que vous n’avez pas l’intention de renoncer à participer à une course :

  • Parlez-en avec votre coach, votre médecin et votre équipe de ravitaillement sur le parcours :
  • Votre coach vous recommandera sûrement de diminuer votre charge d’entraînement d’environ 25 %, mais en fin de compte la décision de poursuivre l’entraînement appartient à votre médecin et à vous-même.
  • Il est important d’avoir une équipe qui vous soutient et vous aide au niveau du ravitaillement le jour de la course, car elle pourra vous fournir en eau, en électrolytes et en protection solaire dont vous aurez grand besoin.
  • Pensez à tenir un journal particulièrement les jours qui précédent la course. Suivre votre niveau de fatigue et vos besoins en termes d’hydratation lors de vos courses d’entraînement peut vous aider à prévoir ce dont vous aurez besoin le jour de la course.
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À propos de Guillaume Declayer

Guillaume est préparateur physique à Paris et spécialisé en course de fond. Il entraine des sportifs de tous les niveaux du débutant à l'athlète. Il organise deux fois par mois, dans le bois de Vincennes, des cours s'adressant aux coureurs débutants.
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